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Une cinquantaine de poids lourds ont filtré au compte-gouttes, hier, l'A84 dans les deux sens, retenant ainsi de nombreux automobilistes. : Philippe RENAULT.Au plus fort du barrage, 6 km de bouchon ont été enregistrés en direction de la Normandie et 4 km dans le sens inverse. Plus de 500 camions ont été bloqués. Du coup, sur avis de la préfecture, et par mesure de précaution, les pompiers sont intervenus pour distribuer des bouteilles d'eau aux automobilistes coincés sur place. Ils ont également dû abreuver quelques animaux (vaches, veaux...) transportés dans des bétaillères.
L'augmentation du prix du gazole ne constitue pas, pour autant, la seule raison du mécontentement. « Le malaise est plus profond », assure Hervé Le Jeune, délégué de la fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) qui redoute de nombreux dépôts de bilan au cours des mois à venir.
« Des miettes ! »
La hausse des tarifs de péage fait aussi sortir les transporteurs de leurs cabines. « Il y a deux ans, mes factures de péage s'élevaient à 130 000 € par mois. Désormais, j'en suis à 150 000 € », peste Bertrand Descottes, à la tête de l'entreprise Frigo 7 - Locatex qui emploie 300 salariés.
Vendredi, les sociétés autoroutières ont bien promis « un geste commercial » en faveur des sociétés de transport. Mais hier, plusieurs d'entre eux parlaient de « miettes ».
Hier, c'est toutefois un autre sujet qui inquiétait davantage encore les routiers : la future éco-taxe qui pourrait être mise en service en 2011. Préconisée dans le cadre du Grenelle de l'environnement, cette redevance s'appliquerait à tous les transporteurs, quelle que soit leur nationalité, qui emprunteront les routes nationales et autoroutes gratuites.
Selon ses partisans, en rehaussant les coûts du transport routier, cette taxe contribuerait à restaurer la compétitivité du mode ferroviaire. Son coût pourrait être de 15 centimes par kilomètre. « En Bretagne (du fait de la gratuité des routes), elle nous ferait très mal. Sans compter que si l'on répercute une partie de cette éco-taxe sur nos clients, cela signifiera que les produits bretons, et notamment agroalimentaires, seront encore plus chers », s'inquiète Jean-Yves Piron, un transporteur d'Ille-et-Vilaine.
Sur cette question, la position de la FNTR est, en tout cas, sans ambiguïté : « Nous ne voulons pas d'une taxe supplémentaire ! » prévient Hervé Le Jeune. La fédération demande, au contraire, que les routiers aient le droit de rouler, à l'instar des transporteurs belges, avec une charge maximale de 44 tonnes (contre 40 actuellement).
Autre certitude : si les routiers n'obtiennent pas des propositions satisfaisantes de la part du gouvernement, ils promettent d'autres actions...
Pierrick BAUDAIS.