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Cinq adultes pour trois élèves ! Hier, François, Prudence et Maxime ne souffraient pas trop de la grève à l'école. Manque d'information ? Manque de compréhension ? Hier matin, dans les écoles de Saint-Malo, le personnel du centre communal d'action social (CCAS), mobilisé pour accueillir les enfants, s'est senti bien seuls. Pour pallier l'absence des enseignants en grève, la ville avait réparti une quarantaine de personnes dans les différentes écoles malouines. « L'objectif est de faciliter la vie des familles en leur offrant un acceuil de 7 h 20 à 19 h comme d'habitude. Ce n'est pas un service minimum », précise Marie-France Mansuelle, l'adjointe en charge des affaires scolaires.
A Courtoisville, par exemple, Anne Lordonné, qui s'occupe d'habitude de la garderie, du midi et du soir, devait prendre en charge les primaires ce matin puis passer le relais à sa collègue venue de l'école de la Boulnaye. « J'avais prévu plein de jeux, amené du matériel en quantité car on aurait pu se retrouver avec 240 élèves ! », calcule la responsable qui se retrouve dans l'école vide. À La Nation, alors que tous les enseignants sont absents, trois enfants ont franchi le portail. Ils ont cinq adultes rien que pour eux. « On avait prévu large en demandant à deux étudiants de renforcer l'équipe mais on va devoir les renvoyer chez eux », constate Michèle Lombardie, de la direction éducation jeunesse.
En tout, sur les 2 800 élèves malouins, seuls une vingtaine en primaire et une quarantaine en maternelle ont profité de ce dispositif d'accueil mis en place pour la première fois. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce chiffre. La première, c'est tout simplement que le mouvement de grève n'a pas été suivi en masse par les enseignants. Les trois-quarts étaient à leur bureau hier. Les parents, habitués à se débrouiller par leurs propres moyens, avaient anticipé pour trouver une solution de garde. Certains aussi refusent de mettre leurs petits à l'école un jour de grève. Soit par solidarité envers les grévistes, soit parce qu'ils ne voient pas l'intérêt de les réveiller pour aller jouer en classe.
« S'il y a un prochain mouvement de grève, nous remettrons ce dispositif en place. Nous essayerons de mieux informer les parents et de ne pas mobiliser du personnel pour rien mais ce n'est pas évident d'estimer à l'avance une mobilisation », analyse Marie-France Mansuelle.
Karin SOULARD.